samedi 3 janvier 2026

Clientélisme numérique et réputation artificielle

La pratique très ancienne du clientélisme s'invite dans les usages numériques: les patrons de l'âge des réseaux sociaux achètent leur réputation numérique à des internautes, faisant d'eux leurs clients.

Le clientélisme, pratique d'un homme puissant ou ambitieux consistant à s'attirer des marques d'estime et des suffrages de la part de personnes de conditions modestes, en échange d'avantages matériels, est généralement vilipendé à notre époque. Il est utile de se rappeler que la Rome antique en avait fait une pratique codifiée dès le 5e siècle avant J.-C. Les droits et obligations réciproques du patron et de ses clients étaient soumis à des règles de loyauté, fides, de nature quasi-religieuse. Les aristocrates montraient leur importance par le nombre des clients qui leur rendaient visite le matin ou qui les accompagnaient au forum.

Le monde des réseaux sociaux redonne vigueur à cette pratique. De nouveaux aristocrates, désormais praticiens du verbe numérique plutôt que de l'épée, sont évalués selon le nombre de leurs abonnés ou des approbations ("likes") que recueillent leurs bulletins numériques. Les grands media prennent en compte ce chiffre, comme on a pu le voir récemment avec le loup malheureux d'Intermarché.

Il manquait toutefois la gratification que les patrons accordent à leurs clients, en retour des marques d'estime et des suffrages. Le pas a été franchi depuis quelque temps, et certains patrons recrutent désormais des clients numériques à qui il est demandé de cliquer des likes moyennant une rémunération, certes modeste mais non ridicule.

Je viens d'en être témoin: je me retrouve inscrit sans sollicitation dans un groupe WhatsApp au nom explicite, "0312033280", dont les administrateurs sont philippins et indonésiens (d'après les codes téléphoniques). Le groupe propose à sa communauté créée de toute pièce de soutenir des établissements parisiens très chic, https://www.instagram.com/lesbainsparis (@lesbainsparis), @laperouse_paris, etc. La rémunération serait reçue via un site, https://t.me/Agathe7777. 

Chers internautes, je laisse à votre appréciation l'opportunité de donner suite à de telles sollicitations si vous les recevez. Pour ma part, je quitte le groupe après l'avoir signalé. J'invite d'ailleurs les gérants de ces établissements à vérifier si les moyens de publicité qu'il met en œuvre sont de nature à consolider sa réputation. 

Puisse ce bulletin faire progresser le bon usage de la réputation numérique.

lundi 30 avril 2012

OLSB vers Office 365 ou la gabegie de Microsoft

Comment la fermeture délibérée de services faciles d'usage et gratuits tue dans l'œuf des pratiques numériques d'avenir. Exemple vécu.

jeudi 12 janvier 2012

France Télévisions ferme son Capharnaüm de blogs

France Télévision m'avertit de la fermeture prochaine des blogs que l'on pouvait ouvrir sur son site.

Les blogs et les forums associés aux chaînes télé, cela pouvait paraître un moyen pertinent d'expression démocratique. J'avais pourtant des doutes il y a deux ans. D'ailleurs voici le texte d'un billet de l'époque.

Les forums de France Télévision : le Capharnaüm qui permet de tricher avec l’opinion publique ?

France Télévision a ouvert un grand nombre de forums. Sont-ils un thermomètre fiable de « l’opinion publique », cet avatar de la démocratie ? Des biais dans la présentation et dans l’accès à ces forums permettent d’en douter. Un témoignage.

vendredi 23 décembre 2011

Le devoir du client: un exemple.

On rappelle souvent que le fournisseur a des obligations, notamment de conseil, à l'égard de son client. Mais le client a lui aussi des obligations d'information vis-à-vis de son fournisseur, et notamment quand la prestation ne répond pas à ses attentes. Sinon le client peut se retrouver responsable des difficultés qu'auront créées les insuffisances de son fournisseur.

dimanche 18 décembre 2011

Le rapport parlementaire Perruchot dans la noosphère

Le cafouillage du rapport Perruchot démontre que les élus n’osent pas dénoncer les perversités du système syndical, particulièrement nocives en cette période de crise.